Loïc 32 ans

C’est l’histoire d’un homme, Loïc, 32 ans, qui a fini son « adolescence », nouveau terme d’une psychanalyste italienne à la mode dans le milieu des aliénistes à la bonne posture. Le pépin, comme dirait le célèbre tueur en série Francis Heaulme, c’est que le flingue de Loïc n’a jamais trouvé son holster. En effet, Loïc est puceau, boit des bières tous les soirs au bistrot du village et n’aime pas les immigrés car ce sont eux qui volent toutes les nanas et qui sont responsables du chômage. Sans développer plus profondément l’analyse politique de notre ami, nous allons reprendre son histoire sexuelle.

Loïc a grandi dans une ferme où l’on élève des cochons et des poulets fermiers. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants et ses deux soeurs travaillent depuis quelques années dans le paramédical. Ses parents ont toujours tenu la ferme et dès ses 18 ans, suite à l’obtention de son baccalauréat, ils l’ont formé pour prendre le relais. Niveau professionnel, Loïc est épanoui. La ferme tourne plutôt bien et il est enchanté de chouchouter du poulet à partir de sept heures du matin. Cependant, question femme, c’est le désert, le vide intersidéral, l’infini mathématiques…

La seule fois où il a embrassé une fille c’était durant une beuverie ignoble chez un ami agriculteur, il avait dix-sept ans. Elle voulait continuer mais était du genre cheveux verts, piercing et tee-shirt « I love Paris ». Dès le lendemain, la lucidité du jeûne avait directement permis à Loïc de revoir sa position prédatrice de la veille. Aujourd’hui et chaque jour qui passe, il s’en mord les doigts.

Bien sûr, il est sujet aux gouailleries de ses partenaires mais cela ne le dérange pas. Avec ses camarades, il veut même bien en rigoler et pratique parfois l’autodérision: « emmenez-moi dans le poulailler ! Il y en a qui vont avoir chaud aux fesses ! », balance-t-il dans ses jours heureux. Seulement voilà, la solitude le ronge de plus en plus et le regard altier de la serveuse du troquet du village durant ses contes le renvoie dans des pensées morbides. Puis, quand l’alcool est de la partie, il finit toujours en pleurs. Un quintal de trente-deux piges qui finit dans les bras d’une poignée d’alcooliques parce qu’il est puceau, ce n’est pas vraiment pas très beau à voir.

Le parcours d'un puceau

Ainsi, malgré ses appels du pied plus que manifestes, les femmes ne cèdent pas à ses charmes, même les boudins. En fait, il s’est tellement déprécié lui-même qu’il est devenu une sorte « d’attraction ». Qui plus est, et c’est surtout cela qui rend l’ensemble de ses amis un tantinet triste, il comprend qu’aucune femme ne pourrait assumer socialement une simple aventure avec lui et ce, malgré sa bonne éducation et sa bonne santé financière.

Alors Loïc se branle, se branle et se branle encore ! Il est devenu un piston à deux pas du poulailler, un braqueur qui loge dans un appartement au-dessus d’une banque, un petit gros entouré de snickers dans un 20 m². Trente-deux ans d’abstinence ça pique, tant physiquement que moralement.

C’est donc tout naturellement que Loïc s’est tourné vers le virtuel, la pornographie et une poupée commandée en Italie pour cinq mille euros. Il vit avec Angelina, monticule de silicone aux courbes parfaites s’étirant sur 160 centimètres. Cela semble lui aller. Il faut juste laver régulièrement les résidus des coups de frein du quotidien mais puisque c’est l’histoire de trente secondes et qu’Angelina ne semble pas être rétive aux manipulations.. « L’affaire est dans le sac » comme dirait Loïc…